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Transparence salaires tech par stack, région et expérience

Semaine du 26 avril au 2 mai 2026 : 714 nouvelles offres tech, le DevOps tient le haut du pavé, la data science interroge

Publié le 2026-05-02 • Mots-clés:

Semaine du 26 avril au 2 mai : 714 offres tech passées au crible

Chaque semaine, on scrape. On trie. On agrège. Et chaque semaine, les chiffres racontent une histoire un peu différente de celle que les cabinets de recrutement vendent sur LinkedIn.

Cette semaine : 714 nouvelles offres tech en France, issues principalement de Welcome to the Jungle et du portail emploi public. On en est à 4 626 offres cumulées dans notre base depuis le 20 avril — un dataset qui commence à devenir suffisamment épais pour tirer des tendances crédibles. Ou du moins, pour poser les bonnes questions.

Le chiffre qui devrait gêner tout le monde

Sur ces 714 offres fraîches, 156 affichent une fourchette salariale. Soit 21,8 %.

C'est légèrement mieux que le creux de la semaine du 26-28 avril (19,3 %), mais on reste loin d'un marché transparent. Pour rappel, la directive européenne 2023/970 sur la transparence des rémunérations entre en application progressive. À regarder les pratiques, on a l'impression que personne n'a lu le texte.

Un détail qui m'a surpris en épluchant les données de cette semaine : Sopra Steria publie 79 offres. Zéro fourchette salariale. Thales, 36 offres. Zéro. Capgemini, 36 offres. Le pattern est clair — les ESN et grands groupes continuent de traiter le salaire comme une information classifiée. Et pourtant, ce sont eux qui recrutent le plus massivement.

DevOps : le profil le mieux payé, encore

Le DevOps reste en tête des salaires médians cette semaine. Pas une surprise, mais la persistance du phénomène mérite qu'on s'y attarde.

Stack Offres semaine Avec salaire Médiane (€/an)
Data engineering 53 9 53 500 €
DevOps 81 17 51 000 €
Python 20 5 47 500 €
Java 51 13 47 500 €
JavaScript 67 22 45 250 €
Data science 89 12 43 500 €

Deux observations. D'abord, le data engineering dépasse le DevOps cette semaine à 53 500 € de médiane — mais sur seulement 9 offres avec salaire, c'est fragile statistiquement. Ensuite, l'écart DevOps / data science atteint 7 500 €. Sur l'ensemble de la base (4 626 offres), il est de 3 500 €. L'écart se creuse-t-il, ou est-ce un artefact de l'échantillon hebdomadaire ? Impossible de trancher avec une seule semaine.

Mais posons la question autrement : pourquoi la data science, censée être le "métier le plus sexy du 21ème siècle" (merci Harvard Business Review, 2012), se paie-t-elle systématiquement moins que le DevOps en France ?

Paris concentre, mais ne domine pas partout

Sur le dataset complet, Paris affiche une médiane de 57 500 € — sans surprise, c'est 27 % de plus que la médiane hors Paris (45 000 €). Mais ce chiffre global masque des réalités par stack qui contredisent le réflexe "monte à Paris pour gagner plus".

Prenons la data science. La médiane parisienne tombe à 41 000 € sur 23 offres avec salaire, là où Lyon affiche 50 000 € sur 3 offres. L'échantillon lyonnais est trop petit pour être définitif — on le dit clairement. Mais ce n'est pas la première fois qu'on observe ce renversement. Notre analyse détaillée data scientist Paris vs Lyon l'avait déjà documenté.

Pour le DevOps, c'est plus conforme aux attentes : Paris à 62 500 €, Lyon à 57 500 €, Lille à 39 000 €. Mais Toulouse à 42 500 € contre Nantes à 44 500 € — qui aurait parié sur Nantes devant Toulouse ?

Le CDI domine, l'alternance monte

Sur les 714 offres de la semaine :

  • 562 CDI (78,7 %)
  • 103 alternances (14,4 %)
  • 32 stages
  • 10 freelance
  • 7 CDD

L'alternance à presque 15 %, c'est significatif. On ne parle plus d'un dispositif marginal. Les entreprises tech recrutent massivement en alternance, et ça pourrait avoir un effet dépressif sur les salaires juniors à moyen terme — plus de profils formés, plus d'offre de travail, pression à la baisse sur les premières embauches en CDI. C'est une hypothèse, pas un verdict. Mais les chiffres la rendent plausible.

Le paradoxe du remote

Un résultat contre-intuitif dans nos données globales : les offres en full remote affichent une médiane de 55 000 €, contre 42 500 € pour les postes sans remote. L'écart est massif — 12 500 € soit presque 30 % de plus.

Faut-il en conclure que le remote paie mieux ? Probablement pas. Ce qu'on mesure ici, c'est un effet de sélection : les entreprises qui proposent du full remote sont souvent des scale-ups ou des boîtes internationales avec des grilles plus agressives. Ce n'est pas le remote qui fait le salaire. C'est le type d'entreprise qui propose du remote.

Notre étude de cas sur la négociation DevOps le montrait déjà : le levier, c'est rarement la modalité de travail. C'est la nature de l'employeur.

Ce que cette semaine change (et ne change pas)

Soyons honnêtes : une semaine de données ne renverse pas les grandes lignes. Le DevOps reste premium. Paris reste cher à vivre et mieux payé en apparence. La transparence reste catastrophique chez les gros recruteurs.

Ce qui bouge à la marge : le taux de transparence remonte légèrement (21,8 % vs 19,3 % la semaine précédente). Le data engineering grignote de la valeur salariale. Et l'alternance prend une place qui commence à peser structurellement.

La semaine prochaine, on passera le cap des 5 000 offres dans la base. Ça permettra des analyses par stack ET par région avec des échantillons plus solides — parce qu'un tableau basé sur 3 offres, ça fait un tweet, pas une analyse.

Méthodologie rapide

Toutes les données viennent de notre scraping d'offres publiques — Welcome to the Jungle (2 857 offres), emploi public (1 676), complétés par LinkedIn, Glassdoor et annonces directes. On ne retient que les fourchettes min-max en euros annuels brut, et on calcule le point médian. Les offres sans salaire sont comptées dans les volumes mais exclues des médianes. On ne fait pas de redressement, pas d'extrapolation.

Pour estimer votre propre positionnement, le simulateur salaire par stack, XP et région reste accessible gratuitement.