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Transparence salaires tech par stack, région et expérience

Les 6 stacks tech les plus demandées en France mi-2026 — volume d'offres, salaire médian et ce que ça change pour vous

Publié le 2026-06-03 • Mots-clés:

Les 6 stacks tech les plus demandées en France mi-2026 — volume, salaires et ce que ça change pour vous

Un collègue m'a dit la semaine dernière : « JavaScript recrute partout, donc ça doit être la stack la mieux payée. » Je lui ai envoyé un tableau. Il n'a pas répondu tout de suite.

La demande ne fixe pas le prix. Parfois c'est l'inverse. Et c'est exactement ce qu'on va voir ici, chiffres sur la table, à partir de 6 661 offres d'emploi tech collectées en France entre avril et juin 2026 — Welcome to the Jungle, France Travail, LinkedIn, Glassdoor.

On classe les 6 stacks tech qui embauchent le plus. Pour chaque stack : le nombre d'offres réelles, le salaire médian, les régions qui tirent vers le haut (ou pas), et un constat qu'on ne voit jamais dans les fiches métier.

Le tableau récapitulatif — à garder sous le coude

Avant de détailler, voici la synthèse. Chaque salaire médian est calculé sur le midpoint (moyenne entre min et max de la fourchette affichée).

Stack Offres Salaire médian Meilleure région Pire région
JavaScript 939 63 044 € Paris (79k) Nantes (51k)
DevOps / SRE 692 76 318 € Lyon (76k) Nantes (71k)
Data Science 587 81 322 € Lyon (112k) Toulouse (60k)
Java 484 70 480 € Toulouse (73k) Nantes (68k)
Python 254 66 066 € Toulouse (87k) Lyon (56k)
Data Engineering 247

Trois observations sautent aux yeux. Le volume d'offres et le salaire médian ne vont pas du tout dans le même sens. Lyon surpasse Paris pour les data scientists (on y revient). Et Python, malgré sa réputation de « langage roi », se retrouve cinquième sur six.

1. JavaScript — 939 offres, le colosse aux pieds d'argile salarial

JavaScript est partout. React, Vue, Node, Angular, Next — l'écosystème s'étend, les besoins explosent. Sur nos 6 661 offres, 939 concernent JavaScript. C'est 14,1 % du marché tech français.

Sauf que le salaire médian s'arrête à 63 044 €. C'est le plus bas des six stacks de ce classement.

Pourquoi ? L'offre de développeurs JS est massive. Le bootcamp moyen forme du React en 12 semaines. Le vivier est large, la concurrence entre candidats aussi. Résultat : les employeurs n'ont pas besoin de surpayer.

À Paris, un dev JS senior peut viser 79k. Mais à Nantes, le médian tombe à 51k. L'écart Paris-province atteint 55 % sur cette stack — le plus élevé de tout notre classement.

Sur Welcome to the Jungle, 115 offres JavaScript affichent un salaire. Médian WTTJ : 49 000 €. Oui, c'est en dessous du chiffre global, parce que WTTJ agrège beaucoup de startups et PME.

Le constat qu'on ne dit pas : si vous êtes dev JavaScript et que vous restez en province sans spécialisation (TypeScript strict, architecture micro-frontends, SSR), vous êtes dans la tranche la moins bien rémunérée de la tech française. Ce n'est pas une fatalité — c'est un point de départ pour négocier autrement.

2. DevOps / SRE — 692 offres, la pénurie silencieuse

Deuxième stack par volume. 692 offres, soit 10,4 % du marché. Et un salaire médian de 76 318 € — nettement au-dessus de JavaScript.

Le DevOps est un cas à part. Le métier est jeune (le terme a 15 ans à peine, la pratique s'est généralisée en France après 2020). Les profils sont rares. Un bon ingénieur SRE qui maîtrise Kubernetes, Terraform et le CI/CD — on le cherche pendant des mois.

Ce qui est intéressant ici, c'est la faible variation régionale. Lyon et Toulouse paient autour de 73-76k. Nantes descend à 71k. L'écart maximal n'est que de 7 %. Pour un dev JavaScript, c'est 55 %. Le DevOps est un marché presque homogène géographiquement, probablement parce que le remote y est plus répandu.

D'ailleurs, sur WTTJ, 90 offres DevOps affichent un salaire. Médian : 52 500 €. L'écart avec notre chiffre global (76k) s'explique : les offres WTTJ transparentes sont souvent des postes juniors ou mid-level en startup. Les postes seniors en grand groupe, eux, ne publient pas leur grille. Un problème récurrent.

Parenthèse. J'ai failli titrer cette section « DevOps, le métier le plus sous-estimé de France ». Puis je me suis souvenu que tout le monde dit ça. C'est tellement sous-estimé que 692 entreprises cherchent à recruter. Allez comprendre.

3. Data Science — 587 offres, la reine qui règne hors Paris

Troisième par le volume, première par le salaire médian : 81 322 €. La data science reste le profil tech le mieux payé en France mi-2026.

Mais le chiffre qui mérite qu'on s'y arrête : Lyon paie un médian de 112k pour les data scientists. Paris ? 81k. C'est un renversement complet de la logique habituelle.

Comment l'expliquer ? Le tissu industriel lyonnais — biotech, pharma, industrie — a besoin de data scientists pour des projets de R&D lourds. Les budgets sont là. Les profils disponibles, beaucoup moins. Paris concentre les startups qui recrutent à tour de bras des juniors data. La médiane parisienne est tirée vers le bas par ces profils d'entrée.

Toulouse, en revanche, surprend par le bas avec 60k de médian. Les postes data science y sont souvent liés à l'aéronautique (Airbus, sous-traitants), avec des grilles salariales plus rigides.

Sur la totalité de nos données, 587 offres mentionnent la data science. Seulement 45 d'entre elles (WTTJ) affichent un salaire. Soit 7,7 %. La transparence salariale est un vrai problème dans ce domaine — et ça pénalise les candidats qui ne savent pas combien demander.

Pour un data scientist qui se demande où postuler : explorez les offres à Lyon et en province industrielle avant de vous enfermer dans la bulle parisienne. On a disséqué ce paradoxe Paris-Lyon plus en détail si le sujet vous intéresse.

4. Java — 484 offres, le soldat discret à 70k

Java fait rarement la une. Personne ne tweete « J'ai quitté mon CDI Java pour devenir influenceur ». Et pourtant : 484 offres, médian à 70 480 €. C'est solide.

Le profil Java est très lié aux grands groupes — banques, assurances, industrie. Ces entreprises ont des bases de code Java de 15 ans d'âge. Elles n'en changent pas. Elles ont besoin de gens pour les maintenir, les moderniser, les faire tourner.

Toulouse se démarque à 73k, devant Lyon (72k) et Nantes (68k). On manque de données suffisantes sur Paris pour Java dans notre échantillon — ce qui est en soi révélateur. Java recrute massivement en province.

L'expérience pèse lourd ici. Sur l'ensemble des stacks, un développeur avec 13-15 ans d'expérience gagne un médian de 93 604 €, contre 53 564 € pour un profil 0-2 ans. Soit +75 %. Et Java, par sa nature (projets longs, code legacy), valorise particulièrement l'ancienneté.

Ce qu'on oublie souvent : les offres Java ne sont pas sexy. Elles ne mentionnent pas « IA », « blockchain » ou « scale-up en hyper-croissance ». Mais elles paient correctement, elles sont en CDI, et elles existent partout. Parfois, la stabilité a un prix — et il est plutôt bon.

5. Python — 254 offres, le malentendu du « langage le plus populaire »

Python est le langage le plus enseigné en école et en bootcamp. Il est partout dans la data, le scripting, le backend, le ML. Mais avec 254 offres, il n'arrive qu'en cinquième position côté volume.

Salaire médian : 66 066 €. Correct, sans plus.

La surprise vient de Toulouse : 87k de médian pour Python. Plus que Paris pour JavaScript. Ce chiffre s'explique par les postes Python liés à l'embarqué et au calcul scientifique (aérospatial, défense). Ce ne sont pas des postes de « dev web Python/Django » — ce sont des ingénieurs de recherche payés en conséquence.

À Lyon, le médian Python tombe à 56k. Nantes est à 57k. La variance régionale est très forte pour Python (de 56k à 87k, soit +55 %), ce qui rend les moyennes nationales peu utiles pour un candidat.

Sur WTTJ, on voit beaucoup d'offres Python sans salaire affiché (sur 254 au total, 43 affichent un montant). Les entreprises comme Capgemini, Meritis, Groupe SII publient des dizaines d'offres « Développeur Python » sans fourchette. Quand 79 % des offres cachent le salaire, c'est le candidat qui est désavantagé.

Un détail que peu de gens relèvent : Python est autant un langage qu'un écosystème. Le « dev Python Django » à 45k et le « ML Engineer Python/PyTorch » à 95k n'ont presque rien en commun, sauf la syntaxe. Quand vous lisez « salaire Python », demandez-vous toujours : quel Python ?

6. Data Engineering — 247 offres, la stack qui monte

Le data engineering ferme ce classement avec 247 offres. Moins visible que la data science, ce profil est en forte croissance. Les entreprises qui ont embauché des data scientists en 2023-2024 réalisent maintenant qu'elles ont besoin de pipelines de données fiables avant de faire du ML.

Sur WTTJ, 32 offres data engineering affichent un salaire, avec un médian de 54 250 €. C'est un chiffre trompeur : le data engineer senior en grand groupe touche facilement 75-85k, mais ces offres sont rarement sur WTTJ.

Le profil-type recrute sur des compétences Spark, Airflow, dbt, et de plus en plus Snowflake. Si vous êtes dev Python et que vous cherchez un levier salarial, le passage vers le data engineering est probablement le chemin le plus court. Les 254 offres Python à 66k et les 247 offres data engineering à un potentiel supérieur partagent 80 % de la base technique.

Ce que ces 6 classements racontent vraiment

Quelques constats transversaux à garder en tête.

La taille de l'entreprise pèse plus que la stack. Un développeur en grand groupe gagne un médian de 79k, contre 62k en startup. L'écart de 17 000 € est supérieur à la différence entre la stack la mieux payée (data science, 81k) et la moins bien payée (JavaScript, 63k). On a détaillé ce phénomène dans notre analyse de la taille d'entreprise et des salaires tech.

Le télétravail corrèle avec des salaires plus élevés. Sur WTTJ, les offres en remote partiel affichent un médian de 55 000 €, contre 42 500 € pour les postes 100 % sur site. Corrélation, pas causalité — les entreprises qui proposent du remote sont souvent des entreprises tech matures, qui paient mieux de toute façon.

La transparence salariale reste un mirage. Seulement 20,6 % des offres WTTJ affichent un salaire. Le taux est encore plus bas pour les data scientists (7,7 %). Si vous postulez à l'aveugle, vous négociez avec un handicap. C'est aussi simple que ça.

Où ça vous laisse, concrètement ?

Pas de formule magique. Mais trois pistes que les données soutiennent.

D'abord, la stack seule ne fait pas le salaire. L'expérience (de 54k médian en début de carrière à 94k après 13 ans), la taille de l'entreprise et la région comptent autant — parfois plus.

Ensuite, si vous êtes en JavaScript ou Python « généraliste » et que vous cherchez un levier : la spécialisation (DevOps, data engineering, SRE) rapporte 10 à 20k de plus sans changer radicalement de métier. Notre guide de négociation DevOps donne des pistes concrètes.

Enfin, testez votre positionnement avec notre simulateur de salaire gratuit — il croise votre stack, votre région, votre expérience et la taille de votre entreprise pour vous donner une fourchette réaliste, basée sur ces 6 661 offres.


Données : 6 661 offres collectées entre avril et juin 2026. Sources : Welcome to the Jungle (4 221 offres), France Travail (2 347), LinkedIn et Glassdoor (93). Dernière mise à jour : 3 juin 2026.